Le Corps européen de solidarité : contribution de l’OENDDF (2017)

— Contribution de l’Observatoire à la consultation publique de la Commission européenne, par Christine Monty, présidente de l’OENDDF

Couverture de la contribution de l'OENDDF au Corps européen de solidarité (2017)

Du 6 février au 2 avril 2017, la Commission européenne a mené une consultation publique sur le Corps européen de solidarité, alors dans sa phase initiale. Cette consultation prolongeait une première phase d’échanges ciblés menée fin 2016, et visait à recueillir l’avis des jeunes, des organisations et des autres parties prenantes sur les priorités du futur dispositif, son accessibilité, les formes d’engagement proposées et ses modalités de mise en œuvre. L’OENDDF a soumis sa contribution le 2 avril 2017, portant principalement sur l’accès des jeunes défavorisés ou ayant des besoins particuliers, sur la valeur de l’accompagnement éducatif, et sur la nécessité de privilégier les capacités d’adaptation plutôt que le seul niveau de qualification.

Les résultats de la consultation ont alimenté la proposition législative présentée par la Commission européenne le 30 mai 2017, et ont été synthétisés dans le document de travail SWD(2017) 166.

Priorités du Corps européen de solidarité

L’OENDDF considère que le Corps européen de solidarité doit d’abord permettre aux jeunes d’exprimer concrètement leur solidarité, créer des possibilités de mobilité transfrontalière et leur donner l’occasion de développer leurs aptitudes et leurs compétences. Le programme ne doit pas sélectionner uniquement les jeunes qui disposent déjà des codes, des diplômes ou de l’expérience nécessaires pour évoluer facilement dans un environnement international : il doit également ouvrir la mobilité européenne à ceux qui n’ont jamais voyagé, qui ne maîtrisent pas nécessairement une langue étrangère ou qui ne disposent pas d’une expérience professionnelle préalable.

Rendre le programme accessible aux jeunes les plus vulnérables

L’accès des jeunes issus de milieux défavorisés ou ayant des besoins particuliers exige des modalités adaptées : allocations et formations supplémentaires, missions plus courtes, activités à temps partiel. Pour les jeunes les plus fragiles, l’OENDDF recommande un accompagnement humain renforcé — dans certaines situations, un éducateur du pays d’origine doit pouvoir accompagner le jeune afin de l’aider à s’adapter à un environnement étranger et de sécuriser son parcours.

Une pratique inspirante

L’association française « Channel », qui accompagne des jeunes en situation de réinsertion, organise des actions de volontariat et de solidarité auprès des personnes migrantes à Calais, en coopération avec l’association locale L’Auberge des Migrants. Elle préparait alors une nouvelle action à Londres, où deux éducateurs accompagnaient six jeunes qu’ils connaissaient bien et suivaient tout au long de l’année — une présence rassurante pour des participants dont certains étaient trop fragiles pour affronter seuls un environnement nouveau.

Recommandations de l’OENDDF

  • Prévoir un accompagnement humain renforcé pour les jeunes défavorisés ou ayant des besoins particuliers, y compris la possibilité d’un accompagnement par un éducateur du pays d’origine ;
  • Proposer des formats souples grâce à des missions plus courtes, des activités à temps partiel et des aides financières adaptées ;
  • Ne pas faire du diplôme ou de l’expérience internationale un critère déterminant, et valoriser les compétences relationnelles, la souplesse et la capacité d’adaptation ;
  • Préparer chaque participant aux tâches concrètes du projet afin de favoriser son intégration dans l’organisation d’accueil ;
  • Simplifier l’accréditation, le financement et l’inscription pour permettre aux jeunes comme aux organisations de participer effectivement au dispositif ;
  • Soutenir la continuité de la communauté européenne de la solidarité au moyen de plateformes communes et d’activités destinées aux anciens participants.

Pour l’OENDDF, le Corps européen de solidarité atteint pleinement son objectif lorsqu’il permet à des jeunes qui en sont habituellement éloignés de vivre une expérience de mobilité, de développer leurs compétences et de contribuer à une action utile à la société. Le niveau de diplôme, la maîtrise d’une langue étrangère ou l’absence d’expérience internationale ne doivent pas constituer des barrières à l’engagement.

Télécharger la contribution complète (version française, format PDF) :

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le Corps européen de solidarité et quand cette consultation a-t-elle eu lieu ?

Le Corps européen de solidarité était alors dans sa phase initiale, avec un volet volontariat et un volet professionnel (emplois, stages, apprentissages), ouvert aux jeunes à partir de 17 ans (mission possible à partir de 18 ans). La Commission européenne a mené une consultation publique du 6 février au 2 avril 2017, à laquelle l’OENDDF a répondu le 2 avril 2017.

Que recommande l’OENDDF pour rendre le dispositif accessible aux jeunes les plus vulnérables ?

L’OENDDF recommande un accompagnement humain renforcé (y compris par un éducateur du pays d’origine), des formats souples (missions plus courtes, temps partiel, aides financières adaptées), et une sélection fondée sur la capacité d’adaptation plutôt que sur le diplôme ou l’expérience internationale.

Quelles suites ont été données à cette consultation ?

Les résultats de la consultation ont alimenté la proposition législative présentée par la Commission européenne le 30 mai 2017, et ont été synthétisés dans le document de travail SWD(2017) 166 consacré aux consultations menées entre janvier et avril 2017.

Contribution soumise par l’Observatoire Européen de la Non-Discrimination et des Droits Fondamentaux (OENDDF) à la consultation publique de la Commission européenne sur le Corps européen de solidarité, le 2 avril 2017. Read the English version.

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